Le 28 mai 2006 était aussi un dimanche de fête des mères.

Ce fut une belle journée : un joyeux repas de retour de noces chez ma filleule, une belle balade dans les montagnes briançonnaises, une pensée pour lutine Zoé dont on fêtait le premier anniversaire...

Nous étions heureux de prendre une semaine de repos dans ce beau coin où j'ai vécu 7 ans

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mais que l'homme ne connaissait pas.

Nous avions laissé pour la première fois fille-dernière-née (16 ans à l'époque) seule à la maison. Pas vraiment seule... Willow, notre bon gros chien, veillait sur elle et nous nous doutions que les copines seraient très présentes...

Myosotis

Au petit matin, une sourde angoisse m'a réveillée. Je constatais sur mon téléphone que mon ex-belle-mère avait plusieurs fois tenté de m'appeler. Mais le manque de réseau l'avait empêchée de laisser un message. Après un rapide petit-déjeuner, je me mis à broder mais le coeur n'y était pas : je surveillais mon téléphone... de nouvelles tentatives d'appel... Je m'inquiétais de l'état de santé de cette dame si chère à mon coeur. Je finis par aller réveiller l'homme pour le prévenir que j'allais partir en ville pour avoir du réseau et appeler pour savoir de quoi il en retournait.

C'est alors que le téléphone de notre location se mit à sonner. Mon coeur s'est arrêté :

voilà, on y était, c'était grave puisque seules mes filles avaient ce numéro en cas d'urgence.

 

C'était mon ex-mari qui appelait... on ne s'appelle pratiquement jamais...

Frédérique, on essaie de te joindre depuis un moment...

C'est Jean-Baptiste...

Il a eu un grave accident...

Il est dans un état grave...

Il faut que tu viennes...

Quoi ? Quel accident ? Comment ? 

Il a glissé du toit

???

Grave comment ?

Dis-moi !

Dis-moi la vérité !!!

 

Il est mort

 

Le cri qui est sorti de mes entrailles est toujours là, 11 ans après