Formidable documentaire hier soir sur la 5
à voir absolument, que l'on soit directement concerné ou pas

« Un jour d’avril 2006, ma sœur s’est suicidée. J’ai alors été projetée dans un monde inconnu. Un monde fait de « si » et de « pourquoi ». Un monde où les certitudes n’ont plus droit de cité. Un monde dévasté par une bombe atomique dont les effets continuent d’évoluer avec le temps. Certains préfèrent le terme de tsunami. Car une fois la vague retirée, plus rien n’est plus jamais pareil. C’est le quotidien des endeuillés du suicide. » (Katia Chapoutier)
Chaque deuil est différent mais des points communs et des passerelles existent entre toutes les histoires d’endeuillés du suicide. De l’impression de devenir fou à la sensation de honte, du sentiment de colère à la noyade dans l’océan de la culpabilité. Et, puis, bien sûr le torrent des questions inévitables qui finit toujours par une seule et même interrogation : comment, en tant qu’endeuillé, parvient-on à survivre à un tel cataclysme ?
Ce documentaire donne la parole à des endeuillés ; des parents, des sœurs, des conjointes qui ont traversé l’enfer du deuil pour peu à peu revenir vers la lumière. Une parole rare, juste et forte recueillie en toute pudeur par la réalisatrice, elle-même « membre » malgré elle de cette communauté de l’ombre. Une parole qui permet de retracer les grandes étapes du deuil après le suicide d’un proche. Des témoignages d’espoir fondamentaux : une étude menée par l’ONS montre que chaque décès par suicide impacte directement ou indirectement 26 personnes, soit environ 300 000 personnes chaque année.
Un film de Katia Chapoutier
J'aurais aimé être avec ces personnes capables de parler, de partager, de pleurer ensemble...
de parler de leur douleur passée ou présente
de leur parcours depuis des mois, des années
de parler de leur enfant ou beau-fils, frère/soeur, conjoint ; étrangement il n'y avait pas d'enfant de suicidé
en fait, "capables" n'est pas le bon terme
ce serait plutôt "autorisées à", "avoir le droit de"
des paroles d'espoir de vie à travers des larmes
larmes qui disent bien que malgré l'acceptation, malgré le travail sur la culpabilité
la douleur revient sans prévenir, toujours aussi violente
que l'absence est quotidienne
Très intéressant le rappel du tabou,
de la réaction des gens quand on dit "Mon enfant s'est suicidé"
Je me suis rendue compte il n'y a pas si longtemps, avec horreur, que je disais que j'ai 3 enfants, 3 filles pour éviter de parler de mon fils envolé, pour éviter les questions, pour éviter les réactions ou fuyantes ou trop empathiques
Très intéressant de constater que tous ces gens avancent en se tournant vers les autres
soutenus par le groupe de parole
sinon...